Un serveur
pour la disponibilité
La majorité des agents y tournent : il ne dort pas, ne se met pas en veille et ne dépend pas de mon Wi-Fi. Tout ce qui n'a pas de raison d'être ailleurs reste ici.
Une usine logicielle personnelle : des agents planifiés font avancer cinq produits pendant que je fais autre chose. Voici la salle des machines, chiffres à l'appui.
Chiffres relevés par le système lui-même. Cette page n'en connaît aucun par cœur.
Où ça tourne
Le partage n'est pas esthétique : chaque machine fait ce que les deux autres ne peuvent pas faire.
pour la disponibilité
La majorité des agents y tournent : il ne dort pas, ne se met pas en veille et ne dépend pas de mon Wi-Fi. Tout ce qui n'a pas de raison d'être ailleurs reste ici.
pour l'adresse IP
Certains sites répondent 403 à une adresse de datacentre et 200 à une adresse résidentielle. Ce nœud existe pour ce delta, et pour garder un navigateur réellement connecté. Il n'a pas d'accès shell au serveur : trois clés, une opération chacune.
pour ce qui exige un humain
Les fiches marquées « machine : mac » attendent quelqu'un au volant — un compte à créer, un formulaire à soumettre, une décision à prendre. Les agents les préparent ; ils ne les prennent pas.
La journée
Journée type, lue directement dans les minuteries du système. Le travail commence à 7h et s'arrête à 22h — la nuit, plus personne ne tourne, et c'est voulu : une panne à 3h du matin attendrait de toute façon un humain.
Touchez un point pour savoir qui démarre — pic à 8 déclenchements dans la même heure.
Le trajet
Sept étapes, dont une seule m'appartient. C'est la séparation des rôles qui rend la chose utilisable : aucun agent ne valide son propre travail.
Écrite par un agent de veille, par une revue hebdomadaire, ou par moi en deux phrases. Elle porte son propriétaire et la machine capable de la faire.
En TDD, une fiche à la fois, jusqu'au bout. Il livre une pull request en brouillon — jamais un push direct sur la branche principale.
Celui qui relit n'est pas celui qui écrit. Il envoie au merge, renvoie avec un motif, ou prépare un verdict pour moi.
Le merge reste un geste humain. C'est le point le plus court de la chaîne et le seul que je refuse d'automatiser.
Fusionner déclenche la mise en ligne, avec contrôle de santé et retour arrière automatique si le service ne répond pas.
« C'est fait » ne suffit pas : un agent re-teste le résultat par un fait — une requête, une commande — et rouvre la fiche si rien ne le confirme.
Tout finit écrit dans le dépôt d'état. La règle est sèche : ce qui n'y est pas consigné n'a jamais eu lieu.
L'équipe
Aucun n'est généraliste. Chacun démarre sans mémoire, lit l'état, fait une chose, la consigne, et s'arrête.
Prend les fiches du backlog une par une, va au bout en TDD, livre une pull request en brouillon. Tourne jusqu'à ce que la file soit vide, pas jusqu'à une heure dite.
Chaque mois, prend un dépôt à tour de rôle et cherche ce qui mérite d'être approfondi. Propose des options ; l'arbitrage reste à moi.
Second regard sur les PR ouvertes : envoie au merge, renvoie avec un motif, ou prépare un verdict pour moi. Ne corrige jamais le code lui-même — sinon il relirait son propre travail.
Relit les PR fusionnées, l'audit des dépendances et la dérive de l'infrastructure. Conseille et rien d'autre : ne corrige pas, ne fusionne pas.
Déclenché après chaque « c'est fait » : re-vérifie par un fait — une requête, une commande, un grep — et rouvre la fiche si rien ne le confirme.
Lit l'audience et la Search Console, repère les fuites d'entonnoir et les convertit en fiches. Chaque trouvaille doit s'appuyer sur un chiffre.
Reconstitue les dernières 24 heures, écrit le briefing et envoie un seul ping. Ne répare rien et ne touche pas au code.
Chaque dimanche, transforme les leçons de la semaine en garde-fous déterministes — et jette celles qui n'apprennent rien.
La publication du jour est-elle sortie, les files d'attente se remplissent-elles, un convoyeur de contenu s'est-il arrêté. Se tait quand tout va bien.
Confronte les projets à la stratégie écrite, choisit le focus de la semaine et ouvre les fiches qui vont avec.
Traverse chaque produit comme un utilisateur qui le découvre et propose des évolutions. Propose ; ne décide pas.
Relit journaux et fiches, arbitre les priorités de la semaine suivante. Ne code pas : réfléchit.
Agent planifié — contenu.
Agent planifié — contenu.
Agent planifié — contenu.
Un article français par passage, intégré au maillage interne, livré en branche.
Un article français par passage, livré en branche pour relecture.
Un article et une PR en brouillon. Ne fusionne pas lui-même : les faits sont vérifiés par un autre agent.
Un article par passage, vérifié sur sources primaires, en portugais et en anglais, maillage interne compris. Ne pousse jamais sur la branche principale.
Décide de publier ou non : ouvre la PR, attend le vert, fusionne.
Attend l'intégration continue au vert et fusionne — ou refuse en expliquant.
Vérifie les faits du brouillon, puis fusionne ou refuse. Dernier barrage avant le site public d'une professionnelle.
Dernier barrage avant publication : fusionne jusqu'à deux articles par passage, ou laisse la branche et dit précisément ce qui cloche.
Une erreur remontée devient une fiche pour les agents ; une fois corrigée, elle est refermée à la source.
Digest quotidien : disque, mémoire, conteneurs, mises à jour, sauvegardes.
Agent planifié — veille.
Agent planifié — veille.
Surveille la parution d'un règlement dont dépend le lancement d'un produit. Un agent dont le travail est d'attendre correctement.
Vérifie chaque semaine que ce qui est promis tient encore : les boutons mènent où ils disent, la vitrine ne contredit pas le contrat, les certificats sont vivants. N'ouvre une fiche que sur une panne reproduite.
Rédige des réponses aux publications d'autres comptes, dans ma voix. Ne publie rien de lui-même.
Prend les fiches qui exigent un vrai navigateur : recette visuelle après fusion, vérifications derrière un IP résidentiel. Rend un verdict avec ses preuves.
Contrôle des liens qu'une adresse de datacentre ne peut pas atteindre : depuis le serveur, 403 ; depuis la maison, 200.
Repère jusqu'à cinq profils correspondant à la cible d'un produit et rédige des messages personnalisés. Mode brouillon strict : n'envoie rien, ne suit personne — je valide le lot.
Prépare et publie la publication quotidienne d'un compte social, après validation par bouton.
Vérifie que le navigateur du nœud est vivant et que les sessions ne se sont pas déconnectées. Se tait quand tout va bien.
Bilan de la semaine sur le compte, et lecture de ce qui a porté.
La mémoire
Journaux, fiches, décisions et leçons vivent dans un dépôt versionné. Les agents le lisent avant de commencer et y écrivent avant de finir — c'est leur seul moyen de se parler, puisqu'ils ne partagent aucun contexte.
11 751 commits en 70 jours, soit ~168 par jour, signés par 53 identités distinctes. Les plus actives ne sont pas des humains :
La boucle
Quand un agent se casse les dents sur quelque chose de non évident, il écrit une leçon : symptôme, cause, moyen de s'en prémunir. 218 sont capitalisées à ce jour. Le dimanche, un agent dédié les relit et pousse chacune aussi haut que possible sur cette échelle :
Un script qui refuse. Le meilleur cas : la leçon devient impossible à oublier.
Quand seul l'agent concerné peut se tromper de cette façon.
Quand l'erreur guette quiconque touchera ce domaine.
Le dernier recours utile : du texte que tout le monde relit.
Si la leçon n'apprend rien qu'un agent compétent ne trouverait seul, elle est supprimée. Une base de connaissances qui gonfle sans trier ne coûte pas rien : elle coûte de l'attention.
Rencontrer deux fois la même leçon n'ouvre pas un second fichier : la répétition est notée dans le premier, comme preuve qu'une règle écrite ne suffisait pas.
Les limites
L'autonomie s'arrête là où le risque commence, et cette limite est écrite en code, pas en bonnes intentions.
Un crochet déterministe bloque l'irréversible avant exécution : bases de production, dump de secrets, suppression récursive, force-push sur la branche principale. Il ne demande pas l'avis du modèle.
Migrations, authentification, paiements, isolation des données : un agent peut préparer, jamais appliquer. Ce n'est pas un réglage, c'est une frontière.
Le nœud domestique n'a pas de shell sur le serveur. Ses clés sont contraintes à une commande unique chacune — écrire un journal, lire un fichier, pousser un dépôt.
Un agent peut utiliser une variable d'environnement sans jamais pouvoir l'afficher. La différence entre les deux est ce qui rend l'autonomie acceptable.
Ma part
Tout ce qui sort vers le monde réel attend un accord : un message public, un envoi, une action sensible. Un tap pour approuver, un pour refuser. Et 75 fiches attendent en ce moment une décision que je suis seul à pouvoir prendre.
Le reste — écrire, relire, vérifier, publier, surveiller, consigner — tourne sans moi. Et le jour où j'arrête de regarder, le système continue : 142 fiches ont même été rejetées par les agents eux-mêmes, parce qu'elles étaient mal posées.